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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 09:26

Accidents domestiques.

 

Bonjour.

 

33-04/12 centre antipoison.

Accidents domestiques : « Il y a un vrai défaut de perception du risque »

Accidents domestiques : « Il y a un vrai défaut de perception du risque »

 

De tous les centres antipoison (CAP) de France, celui de Lille est le plus gros. Sept médecins répondent jour et nuit aux appels des habitants et des hôpitaux. Interview de Patrick Nisse, médecin du service depuis 25 ans.

D’après votre expérience, quelle population est la plus à risque ?

Les risques d’intoxication touchent toutes les populations et toutes les classes sociales. Sans surprise, le risque le plus important correspond à la période de l’enfance. Entre 5 et 9 ans, l’âge de raison, on constate peu d’intoxications, mais sur la tranche des 1-4 ans, les accidents explosent. Ils correspondent à 80% des appels en rapport au jeune public. C’est la période où les petits mettent tout à la bouche. Des « smarties » de maman – la pilule -, aux comprimés des grands-parents en passant par les éco-doses de lessive ou les pastilles sanitaires colorées, les tentations sont partout, dans toutes les pièces de la maison. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, les personnes les plus à risque sont les personnes âgées. Et plus particu-lièrement celles atteintes d’Alzheimer. En cause, la mémoire mais aussi un seuil douloureux plus haut que la population générale. Ils peuvent manger tout et n’importe quoi sans même s’en rendre compte.

Face à ce défaut de perception, les premiers à contacter le centre antipoison sont donc principalement des proches ?

Pas exactement. Les proches représentent en moyenne 50% de nos appels. Et téléphoner au centre n’est pas toujours leur premier réflexe. Environ 20% d’entre eux appellent d’abord leur médecin traitant ou un pédiatre qui les redirige ensuite sur notre service. D’autres contactent directement les urgences. C’est d’ailleurs de là que provient la moitié restante des appels au Cap.
Comment expliquez-vous que les hôpitaux s’en remettent au Cap pour des questions d’ordre médical ?

Cette démarche n’est pas aussi paradoxale qu’on pourrait le penser. Aux urgences, la toxicologie représente un faible pourcentage, pas même 10% des actes journaliers. La discipline est donc peu connue des médecins hospitaliers, qui sont bien mieux au fait des effets des médicaments que de ceux des produits ménagers ou phytosanitaires par exemple. Quand les services hospitaliers appellent, c’est donc pour recourir à une expertise qui leur fait défaut.
Quels sont les facteurs de risque principaux ?

De manière générale, les risques sont corrélés à deux grands facteurs : les produits et le temps. Du côté des produits, les plus dangereux sont ceux dits caustiques. Des PH acides ou basiques, généralement élaborés pour le milieu industriel. Ils sont plus à risque car plus concentrés. De fait, même de faibles quan-tités peuvent engendrer de gros dégâts, comme des ulcérations au niveau des yeux. L’autre risque tient surtout à la réactivité des personnes. Généralement, les appels se font 15 minutes après l’intoxication, avec les premiers symptômes. Dans de rares cas cependant, l’absorption de produit peut s’avérer mortelle. En règle générale, le taux de mortalité associé aux intoxications reste très bas. À peine 0.01%.
La création du CAP a-t-il permis de minimiser le risque ?

On se rend compte qu’il y a de plus en plus d’appels. Il y a 25 ans, on en recevait une cinquantaine par week-end. Maintenant, nous sommes plutôt sur une base de 300 appels. Mais les chiffres témoignent sur-tout de la peur du public, et répondent au besoin d’être rassuré. On ne peut donc pas corréler le nombre d’appels à l’exposition au risque réel. Cela étant, le CAP initie également une démarche de prévention. 24 à 48 heures après l’appel, nous contactons systématiquement les familles pour suivre l’évolution de l’intoxication. Et pour ceux qui le souhaitent, nous envoyons gratuitement des dépliants de manière à ce que les bons gestes soient pris.

Pour citer cet article :

Paru dans Contact Santé n°234 « Risques et santé. États et débats » - Été 2012. Accidents domestiques. « Il y a un vrai défaut de perception du risque. p. 49 

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